Déclaration de Rick Gittleman sur l’extension des sanctions supplémentaires aux fonctionnaires en RDC

Le 28 septembre, le Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département américain du Trésor a annoncé l’extension des sanctions imposées à Gabriel Amisi Kumba et John Numbi, suite à ce qu’il appelait « des indications croissantes que le Gouvernement de la République démocratique du Congo (DRC) continue à réprimer l’opposition politique dans le pays, souvent par des moyens violents ». « Dans le cadre de ce programme de sanctions, tous les biens de ces deux personnes dans la juridiction américaine ont été gelés et les Américains sont interdits de faire affaire avec eux.

« L’action d’aujourd’hui s’appuie sur l’engagement continu des États-Unis à perturber ce comportement destructeur et à favoriser un avenir meilleur et plus stable pour la RDC et le peuple congolais », a déclaré John E. Smith, directeur par intérim de l’OFAC. « L’action d’aujourd’hui ne s’adresse pas aux habitants de la RDC. Il est destiné à changer le comportement des personnes ciblées ».

En réponse, le président de United for Africa Futur démocratique et directeur exécutif Rick Gittleman a publié la déclaration suivante:

« Bien que la décision d’étendre les sanctions économiques ciblées à deux autres associés du président Joseph Kabila impliqués dans l’intimidation et les attaques mortelles de courageux citoyens congolais appelant à la démocratie est un événement heureux et important, mais cela ne suffit pas et le temps passe.

Des dizaines de personnes sont mortes depuis l’annonce récente que les élections prévues pour novembre seront reportées. Il est temps d’attaquer le principal obstacle à la démocratie et à la paix dans le pays: Kabila lui-même. Les membres de la famille présidentielle qui ont bénéficié du régime en place, ainsi que les autorités civiles chargées de maintenir le régime de Kabila au pouvoir, devraient également faire l’objet de sanctions.

Les sanctions ciblées fonctionnent en RDC. Alors que plus de citoyens du pays rejettent la tentative de Kabila de rester au pouvoir, son contrôle provisoire sur le pays dépend d’un cercle restreint des loyalistes. Au milieu des pressions populaires croissantes, en juin, les Etats-Unis ont imposé des sanctions à Celestin Kanyama, le chef de la police à Kinshasa, où des manifestations pacifiques ont été réprimées par une force meurtrière en janvier 2015. La décision d’étendre les sanctions qui isolent et divisent le caporal de Kabila envoie un signal à Kabila qu’il doit céder le pouvoir comme exigé par la constitution. Cependant, jusqu’à ce que les États-Unis se resserrent sur Kabila, sa famille et les autorités civiles responsables du maintien de son régime inconstitutionnel au pouvoir, celui-ci continuera à assumer la manipulation rusée et la force brutale lui permettre d’étendre son règne.

Avec l’annonce du 19 septembre que les élections seront reportées, il est plus important que jamais que les États-Unis continuent à intensifier la pression sur Kabila pour respecter la Constitution du pays et épargner et l’épargner d’une effusion de sang supplémentaire. L’adoption par le Sénat américain d’une résolution plus tôt ce mois-ci (S Res 485) pressant pour des sanctions si Kabila continue de subvertir la constitution de la RDC et l’adoption éventuellement imminente d’une mesure semblable par la Chambre des États-Unis démontre une large volonté bipartisane au Congrès pour une action claire et décisive par L’administration Obama afin de sauvegarder la démocratie dans cette nation de 80 millions de personnes.

Depuis qu’en RDC la tension est montée ces dernières semaines, on a constaté un renouveau d’intérêt pour le « dialogue national » proposé par Kabila. Ce n’est que la dernière tentative de Kabila pour saper la constitution. Kabila doit quitter ses fonctions le 19 décembre, à la fin de son mandat constitutionnel. Il doit libérer les prisonniers politiques et abandonner les fausses accusations contre les opposants politiques. Ce n’est qu’ensuite qu’une discussion de haut niveau visant à remédier à des obstacles discrets dans le cadre d’un scrutin juste, libre et équitable pourra avoir lieu.

L’extension continue des sanctions permettra d’affirmer devant la communauté internationale la détermination des Etats-Unis à pousser Kabila à quitte la scène pour que la démocratie puisse s’épanouir. Le consentement à un dialogue ouvert facilitera l’effort ciblé de Kabila pour tromper le monde et détruire la démocratie que de nombreux Congolais sont morts en défendant sous son règne.

La menace imminente des sanctions sur le régime de Kabila est nécessaire pour le convaincre qu’il est temps de mettre fin à sa charade brutale.